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Tennis·3 min de lecture

« Ne pas faire de fautes » n'est pas une tactique. C'est une peur qui s'est déguisée.

Tu crois jouer prudent, tu joues en réalité contre toi-même. Les croyances qui font rétrécir ton jeu sous pression, et comment les remplacer par de vraies intentions.

TSThierry SudanPréparateur mental, certifié CREPS Bordeaux

Joueuse au service sur un court en terre battue, entre ombre et lumière
Photo : Gaspar Zaldo / Pexels

« Mets la balle dans le court, et laisse-le faire les fautes. » Tu l'as entendu cent fois. Dans certains matchs, c'est même un bon plan.

Mais quand il devient ta seule idée dès que le score se resserre, ce n'est plus de la tactique. C'est une peur qui a pris l'apparence d'un plan de jeu.

Les croyances derrière le jeu qui rétrécit

Quand ton jeu se ferme sous pression, ce n'est pas ton bras qui décide. Ce sont quelques phrases qui tournent en arrière-plan, et qui paraissent raisonnables :

  • « Le premier qui fait la faute perd. » Vrai dans certains échanges. Faux comme règle générale : les points se gagnent aussi, et beaucoup se gagnent sur une balle jouée avec intention.
  • « Si je rate en attaquant, c'est de ma faute ; si je rate en défendant, c'est la sienne. » C'est une croyance de protection : elle ne vise pas à gagner le point, mais à ne pas avoir à se le reprocher.
  • « À ce score, je ne peux pas me permettre de risque. » Comme si la balle courte, jouée au milieu, ne comportait aucun risque. Elle en comporte un, simplement moins visible : celui d'offrir l'initiative.
  • « Il faut que je sois sûr avant d'accélérer. » Au tennis, on n'est jamais sûr. Les joueurs qui accélèrent sous pression ne sont pas plus sûrs que toi : ils ont décidé avant de l'être.

Ce que ces croyances produisent

Mises bout à bout, elles donnent le jeu que tu connais : moins de longueur, plus de hauteur, des balles jouées au centre, l'attente de la faute adverse. Contre un joueur moins fort, ça peut suffire. Contre un joueur de ton niveau, ça lui laisse le match.

Et chaque point perdu ainsi renforce l'idée qu'il faut être encore plus prudent.

Remplacer « ne pas » par « faire »

Le cerveau ne sait pas exécuter une négation. « Ne pas faire de faute » ne dit rien de ce qu'il faut faire. Il faut lui donner une intention positive, simple et concrète, choisie avant le point :

  • au lieu de « ne pas rater », « long croisé, au-dessus du filet » ;
  • au lieu de « ne pas lui donner de balle facile », « profond sur son revers » ;
  • au lieu de « assurer la première », « première au T, rythme normal ».

L'intention ne garantit pas le point. Elle garantit que tu joues ton tennis, avec la marge et la longueur dont tu as besoin, plutôt qu'une version rétrécie de toi-même.

Un exercice à l'entraînement

Pendant un set d'entraînement, annonce à voix basse ton intention avant chaque point. Puis, après le point, ne juge que l'intention : l'as-tu jouée, oui ou non ? Une balle jouée avec la bonne intention et sortie de vingt centimètres est une bonne décision. Une balle remise au milieu sans intention, même gagnante, n'en est pas une.

Ce qu'on travaille en séance

On repère les phrases qui pilotent ton jeu quand le score se resserre, et on les confronte à ce qu'elles produisent vraiment sur le court. Puis on construit tes intentions de match, et la façon de les retrouver au moment où la peur voudrait reprendre la main.

Les situations qui font basculer un match sont décrites sur la page préparation mentale tennis.