Tennis·3 min de lecture
Trois lignes après chaque match. C'est tout ce qu'il faut pour savoir où ton tournoi s'est perdu.
Tu analyses tes coups, jamais tes moments. Un carnet de match en trois lignes pour comprendre pourquoi tu perds en tournoi contre des joueurs que tu bats à l'entraînement.
TSThierry SudanPréparateur mental, certifié CREPS Bordeaux

Trois lignes, écrites dans l'heure qui suit le match. Pas une de plus.
Après une défaite, tu sais en général ce qui n'a pas marché techniquement : le revers dans le filet, le pourcentage de premières balles, les retours trop courts. Ce que tu sais beaucoup moins, c'est quand ton match a changé, et ce qui se passait dans ta tête à ce moment-là. Or c'est précisément ce qui sépare tes matchs d'entraînement de tes matchs de tournoi.
Pourquoi tu ne t'en souviens pas
La mémoire d'un match se réécrit vite. Le soir même, tu te souviens du score et de deux ou trois points marquants. Le lendemain, il reste une impression générale : « j'ai mal joué », « il était meilleur ». Le moment précis où tu as commencé à jouer pour ne pas perdre, la pensée qui l'a déclenché, ont disparu.
Sans ces informations, chaque tournoi recommence à zéro. Tu travailles ton revers alors que ton revers allait très bien à 4-1.
Le carnet en trois lignes
Après chaque match de compétition, gagné ou perdu, dans l'heure :
- Ligne 1 — Le moment. À quel score le match a-t-il changé, dans un sens ou dans l'autre ? Une réponse précise : « 4-3, 30-40, sur mon service ».
- Ligne 2 — La phrase. Qu'est-ce que tu te disais à ce moment-là ? La phrase exacte, pas un résumé. « S'il me breake, c'est fini. » « Ne fais pas de double faute. »
- Ligne 3 — Le changement. Qu'est-ce qui a changé dans ton jeu juste après ? « J'ai joué plus court. » « J'ai arrêté de monter. » « J'ai accéléré mon service. »
C'est tout. Pas d'analyse, pas de note sur dix, pas de jugement. Trois constats.
Ce que le carnet révèle
Au bout de cinq ou six matchs, relis tes lignes d'un coup. Il y a de bonnes chances que des répétitions apparaissent :
- un score qui revient — souvent quand tu mènes, rarement quand tu es mené ;
- une phrase qui revient — presque toujours tournée vers le résultat, rarement vers le jeu ;
- un changement qui revient — le même réflexe de protection, match après match.
Ce schéma est ton vrai sujet de travail. Il est bien plus utile qu'une liste de coups à corriger, parce qu'il te dit à quel moment et pourquoi tes coups changent.
Les erreurs à éviter
- Ne remplir le carnet qu'après les défaites. Les victoires difficiles en disent autant : comment tu es sorti d'un moment compliqué est une information précieuse.
- Écrire le lendemain. Les souvenirs ont déjà été réécrits par le résultat.
- Te juger. « J'ai été nul » n'est pas une ligne. Le carnet constate, il ne condamne pas.
Ce qu'on travaille en séance
On part de ton carnet. Les scores, les phrases et les changements que tu as notés sont exactement la matière dont on a besoin pour comprendre ton mécanisme sous pression — et pour construire la réponse qui lui correspond, à tester en tournoi.
Les situations qui font basculer un match sont décrites sur la page préparation mentale tennis.


