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Tu ne veux pas « voir un psy ». Tu as raison, ce n'est pas ce que je propose.
Préparation mentale ou thérapie ? Ce que c'est, ce que ce n'est pas, et à quoi ressemble concrètement une séance quand on veut des outils, pas un divan.
TSThierry SudanPréparateur mental, certifié CREPS Bordeaux

On te dit que le mental, ça se soigne. Je pense surtout que ça s'entraîne.
Beaucoup de coureurs de bon niveau repoussent la préparation mentale pour une raison simple : ils imaginent un cabinet, un fauteuil, des questions sur leur enfance. Ils n'ont pas de problème à régler. Ils ont un chrono à aller chercher. Et ils ont raison de ne pas vouloir confondre les deux.
Ce que la préparation mentale n'est pas
- Ce n'est pas une thérapie. On ne cherche pas l'origine d'une souffrance, on travaille une performance. Si tu traverses une période réellement difficile — sommeil, humeur, anxiété qui déborde du sport — c'est un professionnel de santé qu'il faut voir, et je te le dirai.
- Ce n'est pas de la pensée positive. Se répéter « je suis le meilleur » sur la ligne de départ ne tient pas une seconde face à un premier kilomètre difficile.
- Ce n'est pas un aveu de faiblesse. Personne ne pense qu'un coureur qui fait du renforcement musculaire a des muscles malades.
Ce que c'est
C'est un entraînement, au même titre que le seuil ou la côte. Avec un objectif précis : que ce que tu sais faire à l'entraînement se retrouve en course.
Concrètement, on travaille des compétences qui s'apprennent :
- L'attention : où tu la poses pendant l'effort, et comment tu la ramènes quand elle part sur le chrono ou la douleur.
- La régulation : faire redescendre l'activation avant le départ sans perdre l'énergie dont tu as besoin.
- Le discours intérieur : ce que tu te dis au 7e kilomètre quand ça devient dur, et qui décide souvent de la suite.
- Les routines : la veille, l'échauffement, la chambre d'appel — des repères fixes quand tout le reste est incertain.
À quoi ressemble une séance
Une heure, en visio. On part d'une situation concrète : ta dernière course, ton dernier passage à vide, le moment exact où ça a basculé. On identifie le mécanisme qui s'est déclenché. Tu repars avec deux ou trois outils précis, à tester sur tes prochaines séances et ta prochaine course.
Pas de programme imposé, pas de jargon, pas d'engagement sur dix séances. C'est confidentiel : rien ne remonte à ton club, à ton entraîneur ou à ta fédération, sauf si toi tu choisis de le partager.
Un test simple, pour toi seul
À ta prochaine sortie longue, note à trois moments — début, milieu, fin — la phrase exacte que tu étais en train de te dire. Pas ce que tu ressentais : la phrase. Tu découvriras probablement qu'une bonne partie de ton effort se joue dans ces phrases-là.
C'est exactement la matière avec laquelle on travaille.
Les situations que je travaille avec les coureurs sont décrites sur la page préparation mentale running.


