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Running·2 min de lecture

Tu ne veux pas « voir un psy ». Tu as raison, ce n'est pas ce que je propose.

Préparation mentale ou thérapie ? Ce que c'est, ce que ce n'est pas, et à quoi ressemble concrètement une séance quand on veut des outils, pas un divan.

TSThierry SudanPréparateur mental, certifié CREPS Bordeaux

Coureur seul sur une route, vu de dos
Photo : wal_ 172619 / Pexels

On te dit que le mental, ça se soigne. Je pense surtout que ça s'entraîne.

Beaucoup de coureurs de bon niveau repoussent la préparation mentale pour une raison simple : ils imaginent un cabinet, un fauteuil, des questions sur leur enfance. Ils n'ont pas de problème à régler. Ils ont un chrono à aller chercher. Et ils ont raison de ne pas vouloir confondre les deux.

Ce que la préparation mentale n'est pas

  • Ce n'est pas une thérapie. On ne cherche pas l'origine d'une souffrance, on travaille une performance. Si tu traverses une période réellement difficile — sommeil, humeur, anxiété qui déborde du sport — c'est un professionnel de santé qu'il faut voir, et je te le dirai.
  • Ce n'est pas de la pensée positive. Se répéter « je suis le meilleur » sur la ligne de départ ne tient pas une seconde face à un premier kilomètre difficile.
  • Ce n'est pas un aveu de faiblesse. Personne ne pense qu'un coureur qui fait du renforcement musculaire a des muscles malades.

Ce que c'est

C'est un entraînement, au même titre que le seuil ou la côte. Avec un objectif précis : que ce que tu sais faire à l'entraînement se retrouve en course.

Concrètement, on travaille des compétences qui s'apprennent :

  • L'attention : où tu la poses pendant l'effort, et comment tu la ramènes quand elle part sur le chrono ou la douleur.
  • La régulation : faire redescendre l'activation avant le départ sans perdre l'énergie dont tu as besoin.
  • Le discours intérieur : ce que tu te dis au 7e kilomètre quand ça devient dur, et qui décide souvent de la suite.
  • Les routines : la veille, l'échauffement, la chambre d'appel — des repères fixes quand tout le reste est incertain.

À quoi ressemble une séance

Une heure, en visio. On part d'une situation concrète : ta dernière course, ton dernier passage à vide, le moment exact où ça a basculé. On identifie le mécanisme qui s'est déclenché. Tu repars avec deux ou trois outils précis, à tester sur tes prochaines séances et ta prochaine course.

Pas de programme imposé, pas de jargon, pas d'engagement sur dix séances. C'est confidentiel : rien ne remonte à ton club, à ton entraîneur ou à ta fédération, sauf si toi tu choisis de le partager.

Un test simple, pour toi seul

À ta prochaine sortie longue, note à trois moments — début, milieu, fin — la phrase exacte que tu étais en train de te dire. Pas ce que tu ressentais : la phrase. Tu découvriras probablement qu'une bonne partie de ton effort se joue dans ces phrases-là.

C'est exactement la matière avec laquelle on travaille.

Les situations que je travaille avec les coureurs sont décrites sur la page préparation mentale running.