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Running·2 min de lecture

Trois bonnes raisons de ne pas faire de préparation mentale. Et une seule de commencer.

La préparation mentale ne s'adresse pas à tout le monde, et je préfère te le dire avant. À qui elle ne sert à rien, et le signe qui montre qu'elle peut t'aider.

TSThierry SudanPréparateur mental, certifié CREPS Bordeaux

Coureuse assise au bord d'une piste d'athlétisme, pensive
Photo : Mikhail Nilov / Pexels

Si tu cours en compétition aussi bien qu'à l'entraînement, tu n'as pas besoin de moi. Et si tu cherches une solution qui travaille à ta place, non plus.

Ça paraît étrange de l'écrire ici. Mais une séance utile commence par savoir si elle a lieu d'être — et pour beaucoup de coureurs, la réponse honnête est non.

Raison n°1 : tes courses ressemblent à tes séances

Si tes chronos de compétition sont cohérents avec ce que tu fais à l'entraînement, ton mental fait déjà son travail. Ta marge de progression est probablement ailleurs : dans le plan d'entraînement, la récupération, la nutrition, la régularité. Un bon entraîneur t'apportera plus qu'un préparateur mental.

Raison n°2 : tu attends un déclic

Certains coureurs espèrent une phrase, une technique, une séance qui « débloque tout ». La préparation mentale ne fonctionne pas comme ça. C'est un entraînement : des outils qu'on construit, qu'on teste sur des courses, qu'on ajuste. Si tu n'as pas envie de les pratiquer entre les séances, ils ne serviront pas.

Raison n°3 : ce qui te pèse dépasse le sport

Si ton sommeil, ton humeur ou ton anxiété débordent largement de la course à pied — au travail, dans ta vie personnelle — la bonne porte est celle d'un professionnel de santé : médecin, psychologue. Ce n'est pas un échec, c'est la bonne personne pour le bon sujet. Et si je le perçois en séance, je te le dirai.

La seule raison de commencer

Il y a un signe simple, et tu le connais si tu es arrivé jusqu'ici : un écart qui se répète entre ce que tu sais faire et ce que tu fais quand ça compte.

Pas une mauvaise course isolée — tout le monde en a. Un schéma : tu pars trop vite à chaque objectif, tu lâches toujours au même moment, tu cours mieux les courses sans enjeu que celles qui comptent. Quand le même scénario revient, c'est qu'il ne vient pas des jambes. Il vient d'un mécanisme, et un mécanisme, ça se travaille.

Comment vérifier, seul

Reprends tes cinq dernières compétitions. Pour chacune, note :

  • l'enjeu, de 1 à 5 ;
  • l'écart entre le chrono réalisé et ce que tes séances laissaient prévoir ;
  • le moment où la course a basculé, s'il y en a eu un.

Si l'écart grandit avec l'enjeu, ou si le moment du basculement est toujours le même, tu tiens ta réponse.

Ce qu'on travaille en séance

Une première séance sert justement à ça : vérifier ensemble que le problème est bien mental, et dire franchement s'il ne l'est pas. Si c'est le cas, on part de ce schéma qui se répète pour construire des outils précis, à tester sur tes prochaines courses.

Les situations que je travaille avec les coureurs sont décrites sur la page préparation mentale running.