Running·3 min de lecture
Que fais-tu des heures que l'affûtage te rend la dernière semaine ?
Moins de kilomètres, plus de temps pour penser. Pourquoi la semaine avant l'objectif est souvent la plus difficile à vivre, et comment l'organiser jour par jour.
TSThierry SudanPréparateur mental, certifié CREPS Bordeaux

Que fais-tu des heures que l'affûtage te rend ?
La dernière semaine avant une course qui compte, le volume baisse. Les séances raccourcissent. Et le temps libéré ne reste pas vide : il se remplit de calculs, de prévisions météo, de chronos de concurrents, de doutes sur une sensation de jambes lourdes. Beaucoup de coureurs arrivent au départ physiquement frais et mentalement usés.
Pourquoi cette semaine est si particulière
Pendant des mois, l'entraînement a occupé ton attention. Il y avait toujours une séance à réussir, un objectif concret pour le lendemain. Pendant l'affûtage, il n'y a plus rien à construire : tout est fait. Le cerveau, privé de tâche, se tourne vers ce qui reste incertain — la course elle-même.
Il faut ajouter un piège bien connu : les jambes « bizarres » de l'affûtage. Lourdeurs, sensations étranges, fatigue inattendue. C'est fréquent quand la charge baisse, et ça ne dit rien de ta forme le jour J. Mais un coureur inquiet y lit un mauvais présage.
La semaine, jour par jour
Un cadre simple, à adapter avec ton entraîneur pour la partie physique.
J-7 à J-5 : fermer les dossiers
- Arrête de comparer. Plus de consultation des engagés, des chronos des autres, des forums.
- Écris ton plan de course sous forme de décisions : ce que tu fais au départ, au premier kilomètre, à mi-course, dans le dernier tiers. Une décision prise maintenant n'aura pas à être prise sous adrénaline.
J-4 à J-2 : répéter
- Chaque jour, quelques minutes de visualisation du parcours, au calme. Pas une course parfaite : une course réaliste, avec un moment difficile que tu traverses en appliquant ton plan.
- Prépare deux scénarios redoutés et la réponse à chacun, en une phrase. « Je suis lâché au 4e kilomètre » : qu'est-ce que tu fais ?
- Occupe le temps libéré avec autre chose que la course. Ce n'est pas de la fuite, c'est de la gestion d'énergie.
J-1 : alléger
- Prépare ton sac tôt, une fois, avec une liste. Ne le refais pas trois fois.
- Une seule relecture de ton plan, puis tu le ranges.
- Si tu dors mal, ne t'en inquiète pas outre mesure : une nuit agitée avant une course est très courante, et c'est surtout le sommeil des nuits précédentes qui compte. Ce qui coûte, c'est souvent l'inquiétude de mal dormir.
Une règle pour toute la semaine
Chaque fois qu'une pensée sur le résultat arrive — le chrono, la place, la sélection — ne la combats pas. Note-la, et ramène-toi à la question : « qu'est-ce que je fais aujourd'hui pour être prêt ? ». La réponse est toujours petite : dormir, manger, faire la séance prévue, relire une fois le plan. C'est précisément pour ça qu'elle apaise.
Ce qu'on travaille en séance
On construit ensemble ta semaine d'avant-objectif : le plan de course en décisions, les scénarios redoutés, la visualisation. On la teste d'abord avant une course de préparation, pour l'ajuster avant celle qui compte.
Les moments décisifs d'une saison de championnat sont décrits sur la page préparation mentale running.


