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Golf·3 min de lecture

Les yips ne viennent pas de ton putter. Tu en as déjà changé trois fois.

Un mètre pour le par et la main te trahit. Ce que l'on sait des yips, ce qui relève du mental, ce qui n'en relève pas, et par où commencer.

TSThierry SudanPréparateur mental, certifié CREPS Bordeaux

Balle de golf arrêtée tout près du trou sur un green
Photo : Markus Spiske / Pexels

Tu as changé de putter. Puis de grip. Puis de méthode : yeux fermés, prise en pince, putter long. Chaque changement a marché quelques semaines, puis le mouvement involontaire est revenu, au même endroit : le putt court qui compte.

Le mythe le plus répandu sur les yips, c'est qu'ils se règlent par le matériel ou la technique. Ces changements ne sont pas inutiles — ils déplacent parfois le problème pour un temps. Mais si le problème revient toujours sur les mêmes putts, c'est qu'il n'était pas dans le putter.

Ce que l'on sait vraiment des yips

Il faut être honnête : les yips ne sont pas tous de même nature. Chez certains joueurs, ils ont une composante neurologique — une forme de trouble du contrôle moteur, proche de la crampe de l'écrivain, qui touche un geste très répété. Chez d'autres, ils sont principalement liés à l'anxiété de performance. Très souvent, les deux se mélangent.

Ça a une conséquence pratique : si ton mouvement parasite apparaît aussi dans des situations sans aucun enjeu — seul au putting green, sans compter — il est raisonnable d'en parler aussi à un médecin du sport. La préparation mentale n'est pas une réponse à tout, et prétendre le contraire serait malhonnête.

En revanche, quand le geste est propre à l'entraînement et se dérègle en partie, sur les putts qui comptent, le mental joue un rôle central. Et même quand il y a une composante physique, l'anxiété l'amplifie souvent.

Le mécanisme de l'anxiété

Le putt court a une particularité cruelle : il est censé être facile. Le rater coûte un coup entier, et il est visible de tous. Après quelques ratés, le cerveau associe ce type de putt à une menace. Il se met à surveiller le geste au lieu de le laisser se faire. Or un mouvement fin, comme un putting, se dégrade dès qu'on essaie de le contrôler consciemment.

Le cercle est connu : la peur du mouvement parasite fait surveiller le geste, la surveillance perturbe le geste, le geste perturbé confirme la peur.

Par où commencer

Trois pistes, à essayer sans attendre :

  • Déplacer l'attention vers l'extérieur. Au lieu de penser à tes mains, fixe une cible très précise : un brin d'herbe au bord du trou, un point sur la ligne. L'attention sur le résultat attendu, extérieur au corps, protège mieux le geste que l'attention sur le mouvement.
  • Raccourcir le temps au-dessus de la balle. Plus tu restes immobile à l'adresse, plus le doute a le temps de s'installer. Une routine courte et constante : lecture, deux coups d'essai, placement, putt.
  • Réapprendre la réussite dans des conditions faciles. Des séries de putts très courts réussis à la suite, avant de remonter progressivement la distance et l'enjeu.

Ce qu'on travaille en séance

On commence par distinguer ce qui relève chez toi de l'anxiété, et ce qui pourrait relever d'autre chose — et je te le dirai si un avis médical me semble utile. Puis on travaille la partie mentale : l'association entre putt court et menace, la routine, et le retour progressif de l'enjeu.

Retrouve les situations décisives du parcours sur la page préparation mentale golf.